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  Cadran solaire, calendrier et temples Khmers
Prasat Phu Phek 17°11.5296' N - 103°56.2356' E
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| Au dessus : La montagne de Phu Phek sur le côté gauche de la photo. La photo fut prise d'une position plein Est vrai de Phu Phek aux environs du solstice d'été 2004. Le soleil se couche à sa position la plus au Nord et se positionnera au sommet de Phu Phek à l'équinoxe. |
| Contenu de cette page web :
1. Introduction |
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1. Introduction Prasat Phu Phek ("Le temple sur la montagne de Vénus") est localisé à 22 km à l'Est - "comme les corneilles volent" - de la vile de Sakon Nakon et est le "temple de montagne" le plus au Nord de l'ancienne sphère d'influence Khmer. Le terme de "temple de montagne" est dans ce texte défini comme un temple au sommet d'une montagne. Le terme de "temple de montagne" est utilisé dans la documentation comme un temple construit sur une "montagne" artificielle ou une colline terrestre, "où la principale idole était placée au sommet d'une pyramide dressée" (Briggs, p. 202). Les deux sortes de temples partagent les mêmes caractéristiques comme d'être élevé au dessus de la terre à un niveau d'où l'horizon est visible, qui fait du site une place bien adaptée aux observations astronomiques. Avec son élévation d'environ 520 mètres au dessus du niveau de la mer, le temple est le Prasat le plus élevé de la totalité de l'ancien Empire Khmer. En même temps Prasat Phu Phek indique aussi l'extension la plus au Nord de la sphère d'influence Khmer au 11 ième siècle après J.C.
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| 2. Datation de Prasat Phu Phek Nous ne disposons pas de documents écrits, comme par exemple des stèles gravées en sanskrit ou en Khmer ancien, sur Prasat Phu Phek. Une estimation de son âge peut être faite uniquement par comparaisons indirectes, le style de ces temples avec d'autres temples semblables, temples qui contiennent des documents écrits... Le Département des Beaux-Arts de Thaïlande indique dans le livre, Ancient Sites in NE-Thailand, que le site "appartient probablement à l'art de style Baphuon" (1050 - 1080 après J.C. couvrant les règnes d'Udayadityavarman II et Harsavarman III). Un poteau indicateur sur le site donne la même datation. Un second indique 11 ième - 12 ième siècle après J.C. et dès lors inclus le style d'Angkor Wat. Le dernier poteau indique : "Ceci est un sanctuaire hindou qui comprend une grande tour de pierres de sable - faisant face à l'Est - et deux petits étangs dans le Nord ...". Comme aucuns fragments de la superstructure ont été découverts, il est supposé que la tour était inachevée. Deux morceaux d'objets importants ont été découverts à l'intérieur du sanctuaire ; à savoir, une base de pierre avec un trou carré dans son milieu, dont on pense qu'il pouvait contenir des auspices, et un base carrée avec son milieu octogonale d'un Linga Shiva qui était habituellement surmonté d'une partie cylindrique, qui est cassée. L'auteur de cet article pense que le Prasat Phu Phek date d'Udayadityavarman II (Baphuon, 1050 - 1066) se basant sur la "forme pyramidale" des pierres de la base, ce qui peut également être vu à d'autres structures identifiées comme étant de style Baphuon. La base en pierres ou socle et les lingam Shiva se retrouvent très souvent dans d'autres temples de Baphuon à Angkor. |
![]() Au dessus : La façade Est de Prasat Phu Phek |
![]() Au dessus : Prasat Phu Phek |
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![]() Au dessus : Plan de Prasat Phu Phek (courtoisie du Département des Beaux-Arts). |
![]() Au dessus : Chambre centrale. Au dessus : Le cadre original. |
| 3. Un vieux mythe au sujet de Prasat Phu Phek
"Suwannapikka, souverain local qui a construit le temple pour vénérer les cendres de Lord Bouddha et de Phra Mahakasapa qui étaient le principal disciple de Lord Bouddha, est venu les adorer au Prasat Phu Phek avec 500 autres moines. Le souverain a donc décidé de construire deux Prasats ! Un au sommet de la montagne de Phu Phek (phu = montagne, phek = Vénus) et un autre, le Prasat Naria Cheang Weng, dans la plaine. Le premier temple avait une main-d'oeuvre masculine et le second une féminine. Les deux groupes durent rivaliser lors de la construction et le vainqueur reçu les cendres de Lord Bouddha. Il aurait été dit aux deux groupes de construction que le travail devait être terminé avant que Vénus ne devienne à nouveau visible à l'horizon. Le groupe féminin truqua l'arrivée de Vénus en utilisant un ballon avec du feu qui pendait en dessous, faisant croire aux hommes que c'était Vénus, et quand les hommes virent la boule de feu ils pensèrent que c'était Vénus et cessèrent de travailler. Et c'est pourquoi le temple est resté inachevé jusqu'à nos jours." C'est ainsi que l'histoire a été racontée à l'auteur il y a quelques années. Plus tard il fut informé que cette histoire, ou mythe, n'avait rien de local. L'explorateur français Etienne Aymonier, qui parmi d'autres tâches, conduisait une étude sur les temples Khmer du Sud-Est Asiatique au cours de la fin du 19 ième siècle, rapporta qu'il avait entendu des variantes de la même histoire à beaucoup d'endroits au Cambodge, au Sud Laos et dans le Nord-Est de la Thaïlande. Notes sur le mythe :
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| 4. Un nouveau mythe au sujet de Prasat Phu Phek : Phu Phek comme "calendrier solaire"
En visitant Phu Phek autour du solstice d'hiver 2002 l'auteur a observé un signe écrit à la main,
sur le socle situé à l'extérieur droit le sanctuaire central, qui indique Surya Phatthithin, "calendrier solaire", et retournant à Sakon Nakon au solstice d'été 2004, le poteau indicateur du Tourisme Thaïlandais (dont question plus haut) a donné la même information, qui semble maintenant être devenu la vérité officielle. Le rapport ne peut pas être considéré comme un travail académique car il ne contient aucunes données qui peuvent être vérifiés. La conclusion est que le Prasat Phu Phek est un "calendrier solaire", Surya Phatthithin, avec des analogies aux Stonehenge et temples Maya. Le calendrier est censé donner les jours de solstice et d'équinoxe. L'argument principal de cette théorie est que les trous dans le socle carré (incorrectement connu sous le nom de yoni) sont alignés avec les équinoxes et solstices. Une "preuve" de ceci est que le socle doit être orienté vers le point équinoxial (lever du soleil le jour de l'équinoxe). Une photo montre un compas qui indique que l'orientation magnétique est 90 degrés Est. Un autre "preuve" est une photo qui montre une personne qui tient un aplomb sur une ligne en aplomb avec le soleil levant à l'arrière, et apparemment prise quelques 10-15 minutes après le lever du soleil le jour du solstice. Une troisième "preuve" sont des photos qui montrent, le jour de l'équinoxe, le soleil se levant au-dessus du linga cassé, également prisent quelques 10-15 minutes après le lever du soleil. L'argument technique est l'usage d'un programme informatique d'astronomie, mais il n'y a aucune mention des données entrées et des données sortantes. Commentaires sur les photos :
Prasat Phu Phek ne peut, par conséquent, être considéré comme un "calendrier solaire" indiquant les jours d'équinoxe et les jours de solstice. Particulièrement parce que le socle et le linga ont été "rélocalisés" de leur place d'origine ou supposée comme tel. Ni l'un ni l'autre de ces deux objets ne sont parallèles entre eux, ni orientés vers le point équinoxial. L'auteur croit que c'était l'intension du constructeur de Prasat Phu Phek (représenter visuellement la Nouvelle Année Vedic). Mais cela ne rend pas Prasat Phu Phek unique pour autant : approximativement 30% de tous les anciens temples Khmer, barays (réservoirs d'eau) et localisations anciennes sont orientés vers l'Est vrai. |
| 5. Détermination de l'orientation
Ce chapitre va montrer diverses méthodes utilisées par l'auteur pour déterminer l'orientation vrai d'une construction. 5.1. Midi solaire L'idée dans cette méthode est d'observer les ombres du soleil au midi solaire, quand le soleil passe le méridien - ceci est aussi appelé la culmination du soleil. Si la structure en question est orienté droit Nord-Sud vrai alors l'ombre sera alignée avec la structure au midi solaire. Les photos ci-dessous montrent l'ombre dans la porte Est de Prasat Phu Phek. Il fut calculé que le midi solaire le jour de l'équinoxe, le 21 mars 2002, était à 12:11:31. La photo n° 3 ci-dessous (à 12:10:00) a été prise apparemment lorsque l'ombre était alignée avec le seuil. La différence entre le calcul et l'observation est de 1:31 minute et indique que la porte n'est pas orientée plein Nord-Sud et que le sommet du chambranle ne s'oriente pas plein Ouest.
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| 5.2. Compas:
Utiliser un compas pour déterminer l'orientation d'une structure donne des résultats plus exacts que la méthode 5.1., mais il y a quand même quelques obstacles. Un des obstacles est la déclinaison magnétique, qui est la différence entre le Nord magnétique et le Nord vrai. La déclinaison magnétique est différente d'un emplacement à un autre. Un autre obstacle est celui de choisir les points fixes pour s'aligner. |
![]() Au dessus : Compas militaire |
![]() Au dessus : Compas-carte A noter que le compas ci-dessus n'est pas parallèle à la ficelle verte. La ficelle est orientée à l'Est vrai en alignement avec le soleil. Le compas est aligné à 90º Est magnétique. La différence est la déclinaison magnétique. |
| Lecture de compas au Prasat Phu Phek:
Compas militaire : Compas-carte : |
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5.3. Mesures GPS |
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5.4. Observations des levers du soleil |
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6. Le socle carré comme outil de calendrier
Azimut du soleil levant à Phu Phek autour du solstice d'hiver 2004 : Le 21 décembre : 114825'19'' Le 22 décembre : 114825'21'' => différence d'avec le jour avant = 0800'02'' Le 23 décembre : 114824'52'' => différence d'avec le jour avant = 0800'29'' Le 24 décembre : 114823'56'' => différence d'avec le jour avant = 0800'56'' Le 25 décembre : 114822'25'' => différence d'avec le jour avant = 0801'31'' Le 26 décembre : 114820.27'' => différence d'avec le jour avant = 0801'52'' Le 26 décembre : 114817'59'' => différence d'avec le jour avant = 0802'28'' Les petites différences dans l'azimut du soleil levant, de jour en jour, autour des solstices démontre clairement combien il est difficile de déterminer le jour du solstice par des observations solaires à moins que les alignements soient de 10 Kms ou plus. Un alignement avec un socle est impossible. Remarque finale : Comme l'angle solsticial change avec le temps - comme démontré ci-dessus - il change aussi suivant la latitude : une latitude plus du Nord aura un plus grand angle solsticial, donc si le socle carré avait été déplacé quelque part dans le Sud de la Chine, alors l'angle solsticial serait identique à "l'angle de la demi-diagonale" sur 26.57° - et le socle (si agrandi) pourrait servir comme un "calendrier solaire", mais la réalité est que ces socles ne se trouvent que dans la zone d'influence de l'ancien empire Khmer.
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7. Le point équinoxial
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| Littérature : |
| The Ancient Khmer Empire, Lawrence Palmer Briggs, Philadelphia, 1951. |
| Ancient Sites in NE-Thailand. Fine Arts Department (F.A.D.). Bangkok. |
| Khmer Heritage In Thailand, with special emphasis on temples, inscriptions and etymology, Etienne Aymonier, Bangkok, 1999. |
Asger Mollerup
21 june 2005